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Les livres

 

Les forêts de Ravel

Quand Dieu boxait en amateur



Livre 87 1Les forêts de Ravel

Michel Bernard,
Éditions Poche-La Table ronde,
Collection Littérature française,
198 pages, 7,10 €

Avec ce roman qui n’en est pas vraiment un, Michel Bernard nous offre une randonnée poétique dans l’univers de Ravel, tel qu’on le connaît et tel qu’il s’offre à qui croit le connaître à travers sa musique.

La vie de l’hôte de Montfort-l’Amaury s’est déroulée selon bien des étapes, artistiques et humaines, mais sa prédilection pour les lieux où la nature était à portée de main a inspiré l’auteur de ce petit ouvrage. Il y brode, en effet, autour de ce qui fut en réalité la vie du musicien, une randonnée à travers les paysages et les événements, à travers les campagnes dévastées par la Grande Guerre et les forêts apaisantes. Plus qu’une biographie, un parcours onirique et pourtant documenté que l’on quitte à regret après la dernière page des forêts de Ravel.

Andrée Penot



Livre 87 2Quand Dieu boxait en amateur

Guy Boley,
Éditions Grasset,
76 pages, 17 €

René, le père de Guy Boley, est né en 1926 dans un quartier très populaire de Besançon, près de la gare ferroviaire. Il a été forgeron, boxeur amateur, comédien au théâtre municipal à l’occasion. Il va quitter ce monde, alcoolique et misérable. Après sa mort, l’auteur trouve dans l’atelier de son père un petit carnet noir rempli de chansons, de poèmes et, surtout, de mots sortis du Petit Larousse illustré que le jeune René et son ami Pierrot décortiquaient avec ravissement. Avec d’autant plus de bonheur qu’ils avaient le goût du fruit défendu : la mère de René avait inscrit son garçon à la boxe pour l’éloigner de la littérature qui l’effraie «car lire est dangereux, pense-t-elle, ça instille dans les cœurs des mondes inaccessibles qui ne portent au fond d’eux qu’envies et frustrations. Ça rend très malheureux quand on est gens de peu…». Ils étaient bien différents, les deux gamins: l’un deviendra forgeron, l’autre abbé. Et pourtant, leur amitié sera indéfectible. Pierrot, devenu l’abbé Delvault, dans son adaptation de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, offrira à son ami le rôle sublime de Jésus crucifié.

Guy Boley, à partir de ce petit carnet témoignage d’un monde de dur labeur aujourd’hui disparu, a écrit un roman qui magnifie ce père, son héros, en lui rendant la gloire qu’il mérite. Ce roman bibliographique est un petit bijou littéraire.

Monique Masson