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Chapô : Courriers... Courriels... (6 décembre 2024)

Chapô : Courriers... Courriels... (6 décembre 2024)

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Courriers ... Courriels ...
(6 décembre 2024)
 
Vous trouverez les derniers courriers et courriels que nous avons reçus.
Ils sont classés par ordre d'arrivée, du plus récent au plus ancien, avec l'indication de la rubrique si besoin

Des messages...


Suite à une erreur de validation, il y a eu plusieurs problèmes sur le précédent message, il aurait dû être daté et vous parvenir le 2. Avec toutes mes excuses. RB


de Philippe Boulnois :

J’ai mal à Bayard Presse !

Voici, ce que m’inspire les récents remous suscités par le recrutement d’un directeur du développement à Bayard Presse dont "on dit" qu’il aurait été proche des idées de l’extrême droite.  

Je ne sais rien de tout cela, mais j’observe… et surtout j’ai mal à mon Bayard, au Bayard que j’ai connu et qui m’a formé durant près de 30 ans !  

Jeune journaliste, après un stage à la rédaction de La Croix, j’ai été accueilli par des hommes et des femmes d’une grande ouverture d’esprit et d’une grande qualité humaine qui avaient confiance dans le travail en équipe. Cette génération était en train de construire un nouveau modèle de presse : la Presse Jeune : Pomme d’Api ( lancé en 1966), Okapi, Record, une presse de qualité qui passionne encore aujourd’hui les petits et les grands. Puis d’autres titres viendront Astrapi, j’aime Lire, Phosphore, Images Doc, Popi etc.. une segmentation par âge et par usage (lecture, découverte) qui amènera un nouveau public à Bayard Presse au delà du monde strictement catho. À travers les écoles publiques et confessionnelles notamment. Un secteur livre jeunesse se développe dans le même mouvement. 

Parallèlement est inventé dès 1968 (!) Notre Temps, le magazine de la retraite heureuse qui connaîtra un grand succés, touchant encore une fois un public beaucoup plus large que le public catholique traditionnel. Déjà pigiste à Notre Temps depuis quelques années, Je rejoins cette équipe formidable en 1974.  

Les années 80, sont marquées par des tentatives nombreuses de lancer de nouveaux magazines pour agrandir encore le cercle des lecteurs, la nature, la science et la presse féminine font l’objet de tests et de lancements et de nouveautés, comme la création de la série les Année Mémoires, j’y participe. 

On se tourne vers l’international, pour rejoindre de nouveaux publics non français à travers des éditions nouvelles de Notre Temps, en Belgique, Angleterre, Pays Bas, Canada, Norvège Allemagne etc.. Cela viendra agrandir encore le cercle des lecteurs de Bayard Presse, et de nombreuses versions étrangères de la presse jeune apparaîtront au même moment en Europe en Amérique et même en Afrique et en Asie. A la même époque, le secteur religieux de Bayard innove lui aussi avec le succès de Prions En Église . Enfin en 2004, Bayard rachète son principal concurrent jeunesse : les éditions « neutres » Milan. Quelle épopée extraordinaire ! 

J’ai, avec des équipes formidables participé à tout cela, quelle chance ! Merci Bayard. Puis à la charnière du siècle, l’arrivée d’internet modifie ces évolutions, des diversifications de nombreuses activités dans l’audiovisuel comme “petit Ours Brun “ Sam Sam et Babar des activités sur le web sont lancées avec succès. La Presse imprimée souffre de l’arrivée du Web, il faut s’adapter. Le secteur livre et BD résiste bien. Les éditions étrangères de Notre Temps non explicitement catholiques sont revendues. A part quelques hommes et femmes, on ne parle hélas, pas beaucoup les langues étrangères à Bayard, conséquence : on se replie frileusement sur la France. L’esprit de conquête vers de nouveaux publics s’estompe, des propositions généreuses dans ce sens sont repoussées ou arrêtées prématurément comme par exemple vers le public du Grand Âge, ou vers les “ aidants”qui les accompagnent. Mal à l’aise avec ce nouveau climat, j’ai choisi de ne pas provoquer de tensions et j’ai quitté Bayard fin 2000.  

Je suis triste, sans vraiment le comprendre, des remous qui affectent Bayard de nos jours. Aujourd’hui, Il me semble que Bayard est à la recherche d’un nouveau souffle, de nouveaux développements. Quand je vois la joie de nos enfants qui attendent chaque mois fébrilement l’arrivée de leur journal POPI ou Pomme d’API , Quand je vois les passionnés qui “scroll” les sites internets de la jeunesse , quand je rencontre l’enthousiasme des lecteurs passionnés de LA CROIX, du PÈLERIN, de NOTRE TEMPS, abonnés au,journal papier ou aux éditions numériques comme moi, je sais que le feu ardent est toujours allumé. A mon avis, Il y a encore de nombreux publics au seuil de l’église -, les pratiquants d’un catholicisme culturel, qui attendent d’être rejoint et conquis, mais il faut donner sa chance à l’innovation et à la création. Ainsi, avec l’aide de l’intelligence artificielle, on voit apparaître des Éditions européennes de nouveaux titres qui traversent les frontières, nous étions des précurseurs. Puissent nos successeurs conserver cet esprit de conquête !  

Bayard a été un grand creuset d’innovations durant 50 ans, et j’en ai sûrement oublié beaucoup, j’en demande pardon. Je ne cite pas les noms des personnes généreuses, des animateurs fantastiques et des merveilleuses équipes de création, qui m’ont formé ou que j’ai tellement apprécié, beaucoup sont devenus mes amis, la liste serait trop longue… mais je les salue tous, ils se reconnaîtront. 


de Pierre Lebedel :

Chères Amies, chers Amis,

Heureusement que la presse écrite fait son devoir : nous informer sur ce qui se passe à Bayard-Presse (voir "Le Monde" des 1er-2 décembre). Ce n'est pas le texte ampoulé de la direction du groupe ("La Croix", 29 novembre) qui nous éclaire.

Par ailleurs je suis consterné d'apprendre que le groupe participe à la création d'une nouvelle école de journalisme, moi qui ait eu Christian Latu comme professeur de secrétaire de rédaction au CFJ (1964-1965).

Pour toutes ces raisons je soutiens totalement mes consœurs et mes confrères du groupe dans leurs démarches et je signe des deux mains la pétition qui circule.

Bien amicalement

Pierre Lebedel, ancien sous-chef du service édition de "La Croix"


 

 


La Lettre de l'Amicale - 06/12/2024


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