
Des messages...
de Colette Gagey-Brochard :
Chers amis,
Je viens de de lire cette nouvelle qui me peine beaucoup, et me rappelle à tant de souvenirs.
C’est lui qui m’a embauchée, après deux heures d’entretien où il me raconta longuement sa conception de l’édition. J’avais dit deux fois oui…
Il avait une vivacité exceptionnelle, ne s’arrêtait jamais de penser livre, forme, promotion, distribution.
Il a su donner une élégance à des collections de poche, à donner des deuxièmes vies aux héros de Bayard, Petit Ours Brun, Tom Tom et Nana…
il a su étendre notre catalogue aux collections américaines, aux jeunes auteurs anglais.
D’une maison confidentielle, le Centurion est devenu Bayard Éditions, respecté de tous les acteurs et professionnels de l’édition.
Jean Claude fait partie des Grands patrons de l’édition française, je peux en témoigner.
J’ai un immense respect pour lui et une grande reconnaissance pour la liberté qu’il m’a donné pour coordonner à ses côtés cette maison d’éditions aux différentes facettes. Jeunesse, religieux, Essais.
Un caractère difficile au demeurant, frontal, peu catholique, dirait-on. Il respectait beaucoup Yves Beccaria.
Il se mettait dans des colères noires, mais faisait vibrer en nous le désir de progresser , de se donner à fond pour réussir, éditeur, promotion, fabrication, service graphique, gestion, il a su trouver des pointures magnifiques .
C’était un chef d’orchestre impressionnant qui m’a beaucoup appris.
Je prends un seul exemple de la plus grande réussite : chair de Poule, un collection sur papier bon marché américaine, un graphisme pauvre, un texte peu travaillé. Il en a fait une collection phare de Bayard, avec des couvertures splendides créées par les meilleurs artistes de l’époque, un papier, une forme plus grande pour donner envie aux enfants de lire, on en a fait notre slogan, tu ne t’arrêteras pas avant la dernière page, une promesse de lecture propre à Bayard… et le succès immense, des millions de livres vendus…
Aujourd’hui, l’édition vit des moments plus difficiles, mais les lecteurs sont encore là , je le vois autour de moi, qui se nourrissent de lectures.
Mon cher Jean Claude, je me souviens de vos affrontements mémorables avec ce cher Marc Galitsky qui nous a quittés l’an dernier . J’aimais bien vos coups de gueule à tous les deux, car derrière cette façade rugueuse vous aviez la même fierté de faire de Bayard une grande maison d’édition reconnue.
Je vous garde bien vivants tous les deux au chaud dans ma mémoire.
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La Lettre de l'Amicale - 19/08/2024