A l'orée de 2021, année qui s'annnonce encore incertaine, nous pensons que vous prendrez connaissance avec intérêt du bilan de l'année 2020 fait par la direction de Bayard. Vous les trouverez ci-dessous. La pandémie a profondément bouleversé les habitudes de travail de l'entreprise, et c'est grâce à une remarquable organisation et à la collaboration active du personnel, que tous les titres ont pu sortir en temps et en heure.
Pour les anciens que nous sommes, toujours attachés à « la Maison » et curieux de son évolution, c'est un point d'étape qui permet de comprendre comment Bayard envisage les multiples défis qui s'offrent à elle, avec apparemment un certain optimisme.
Yves Pitette
Chers collègues, chers amis,
Comment nommerons-nous l’année 2020 ? A coup sûr elle portera le nom d’une traversée. D’un moment important pour l’humanité. Un temps où nous aurons appris, d’une manière aigüe, que nos destins sont liés, nos présents connectés à ceux des habitants du monde entier. Personne n’aura été à l’abri. Et la nature, le vivant en général, la crainte que nous avons de sa disparition ou de son affaissement, aura plus que jamais habité nos consciences.
L’année des fragilités. C’est le nom que nous pourrions donner à l’année qui vient de s’écouler. Celle où se sont particulièrement dévoilés nos inquiétudes et nos espoirs de changement. A notre échelle, ce fut le cas chez Bayard. Inquiétude de voir Presstalis, notre système de distribution de la presse, ne pas se relever de ses difficultés à la fois structurelles et liées à la baisse des ventes des éditions papier depuis quelques années. Une restructuration et l’aide de l’État auront permis un nouveau départ. Les éditeurs, pour leur part, ont fortement contribué. Bayard a versé 7,5 millions d’euros, ce qui a mis l’entreprise en perte pour l’année 2019/2020. Inquiétude également de voir la distribution postale fragilisée durant les temps de pandémie. On le sait, la presse joue un rôle essentiel, partout sur nos territoires. Elle offre un lien quasi physique à toutes les communautés de lecteurs. C’est inestimable, en particulier pour les plus isolés.
Mais, en ces temps, à minima d’incertitude, notre entreprise, dans toutes ses entités, a montré une fantastique capacité à croire en elle-même et aux missions qui sont les siennes. Informer et éduquer auront été au cœur de ces semaines où nous nous sommes brutalement retrouvés chacun chez soi alors que notre métier suppose avant tout travail en équipe et création collective. Chaque équipe a dû inventer pour continuer à produire notre quotidien et tous les magazines et livres que nous éditons. Leur diffusion a cru cette année, tout comme les audiences numériques de La Croix, Prions en Église, Notre Temps ou encore Bayam et Un jour une actu pour les enfants. Le confinement nous a permis de renforcer et de développer les liens digitaux avec tous ceux qui étaient privés d’accès à la culture et à l’éducation.
Grâce à chacun de vous, notre travail a fait œuvre utile en ces temps où la rapidité sert souvent de prétexte à la facilité. Vous le savez, nous visons haut dans la qualité car nous pensons qu’il y a dans toute personne une capacité qui peut se révéler au contact des mots et des images. Celle de vouloir rendre notre monde meilleur.
L’année 2019/2020 aura été pour Bayard une année éprouvante. A ce jour, rien ne peut vraiment lever la grande incertitude qui est devant nous. Nous allons commencer l’année séparés encore quelque temps les uns des autres. Pour certains, comme aux États-Unis ou en Allemagne, la réouverture des écoles ou des paroisses ne va pas se faire immédiatement. Il faudra continuer à résister. Mais nous connaissons nos priorités et nous avons de très beaux projets.
Parmi nos priorités, nous devons amplifier tout ce qui a été entrepris ces derniers mois : augmenter la diffusion de notre hebdo La Croix, réussir la transformation profonde du secteur senior, prendre la mesure et trouver les réponses éditoriales à tout ce qui a pu s’amorcer depuis que nous avions lancé le grand questionnaire « Réparons l’Église. » Vous le savez, notre singularité, depuis presque 150 ans, est de croire, en particulier, que l’Histoire a un sens, celui d’avancer vers une fraternité plus grande et toujours plus incarnée. Enfin, les secteurs jeunesse Bayard et Milan, qui manifestent une incroyable vitalité depuis quelques années, doivent avoir les moyens de poursuivre leurs ambitions et leurs développements.
Les projets sont nombreux également : accélération du digital un peu partout, au service de nos lecteurs et de nos clients, développements importants à venir très bientôt du côté de l’audio, lancements éditoriaux en Espagne, chez Milan, équipe dédiée à la production de récits longs à La Croix, premiers pas du roman graphique, réflexion aux croisements de la vie spirituelle et de la liturgie, nouvelle étape pour le « Club Landoy », « États généraux de l’éducation » avec Vers le Haut... 2021 verra également naître une nouvelle expression de notre raison d’être et des engagements qui lui sont et lui seront liés. Et parmi ceux-là, l’écologie, avec ce qu’elle suppose de transformation personnelle, intime et collective sera une priorité. Soyons concentrés, soyons nous-mêmes. Soyons libres et attentifs aux autres, en particulier ceux qui sont tout proches de nous au travail. C’est ainsi que nous réussirons. Avec le talent de chacun relié à celui des autres.
Chers collègues, chers amis, le directoire veut souhaiter à chacune et chacun d’entre vous une année de lucidité, de confiance et d’espérance. C’est ainsi que nous réaliserons de belles et grandes choses tous ensemble.
Le Directoire